Luke Humphries a choisi de parler sans détour d’un sujet rarement traité aussi frontalement dans les fléchettes : sa santé mentale. Dans une prise de parole publiée par la PDC avec les Samaritans à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, l’ancien numéro un mondial explique comment une crise d’anxiété vécue en 2019 l’a presque poussé à arrêter sa carrière.
Ce n’est pas une actualité de score, mais elle compte. Humphries raconte surtout le moment où il a décidé de demander de l’aide, puis la trajectoire qui a suivi : un titre mondial, une Coupe du Monde, un World Matchplay et neuf titres majeurs. Quelques semaines après son titre au Players Championship 28, cette prise de parole donne une autre lecture de son retour au premier plan.
Un aveu rare dans un sport très exposé
La PDC a publié jeudi le témoignage de Humphries, construit autour de son échange avec un bénévole des Samaritans. Le joueur y revient sur une période très lourde de sa carrière, au milieu d’une longue série de tournois PDC. En 2019, il subit une crise d’anxiété pendant une compétition et se retrouve, selon ses mots, à envisager de tout arrêter.
La phrase qui marque le plus est simple : « Je sentais que ma carrière allait se terminer ». Humphries dit avoir été rattrapé par le stress, au point de penser que continuer devenait impossible. Là, on n’est plus dans le discours poli d’un champion qui parle de pression après une défaite. Il décrit un vrai point de rupture.
Son choix a été de parler. D’abord à un médecin, puis à ses proches. « La meilleure chose que j’ai faite, c’est d’aller voir un médecin et de lui dire ce que je ressentais », explique-t-il dans le témoignage relayé par la PDC et repris par Sky Sports. Ce passage donne du poids au message, parce qu’il ne gomme pas la difficulté. Il montre surtout que la suite de sa carrière ne s’est pas construite malgré cette demande d’aide, mais en partie grâce à elle.
Ce que Humphries met sur la table
Le témoignage arrive dans un contexte précis : la Journée mondiale de prévention du suicide et le partenariat de Humphries avec les Samaritans, service d’écoute disponible 24h/24 au Royaume-Uni et en Irlande. L’association rappelle qu’une personne sur quatre peut connaître des pensées suicidaires au cours de sa vie, et que le suicide reste la première cause de décès chez les hommes de moins de 50 ans au Royaume-Uni.
| Joueur | Luke Humphries |
| Contexte | Partenariat avec les Samaritans pour la prévention du suicide |
| Moment évoqué | Crise d’anxiété pendant une compétition PDC en 2019 |
| Message central | Demander de l’aide a été un tournant dans sa carrière |
Humphries ne prétend pas que tout a disparu. Il dit encore connaître des moments d’anxiété, parfois dans des situations inattendues, loin de la scène et de la pression visible. La différence, selon lui, tient à la manière de les gérer : ne pas laisser la spirale s’installer, reconnaître ce qui se passe, et savoir qu’il existe des solutions.
C’est aussi pour ça que ce témoignage dépasse le cas Humphries. Les fléchettes sont souvent racontées par le bruit de la salle, les walk-ons, les moyennes et les checkouts. Mais le circuit PDC impose aussi les voyages, les enchaînements de tournois, la solitude de certains déplacements et l’exposition permanente. Quand un joueur de ce niveau met des mots sur cette partie-là, le sport gagne en maturité.
Un autre type de leadership
Sky Sports cite aussi Simon Gunning, directeur général de CALM, qui salue l’impact possible de cette prise de parole. Son idée est claire : quand un champion comme Humphries raconte son expérience, il peut donner à d’autres le droit de parler à leur tour. C’est moins spectaculaire qu’un titre, mais ce n’est pas moins important.
Pour Humphries, le timing est intéressant. Sur l’oche, il reste l’un des grands repères du circuit. Hors de l’oche, il rappelle que la carrière d’un champion ne se résume pas aux lignes de palmarès. Son parcours depuis 2019 raconte autre chose : un joueur peut traverser une période très sombre, demander de l’aide, puis revenir plus fort sans avoir à cacher cette partie de son histoire.
À ce niveau, le message est presque plus fort parce qu’il vient d’un joueur qui a tout gagné ou presque. Humphries ne parle pas depuis la marge. Il parle depuis le sommet, avec assez de recul pour dire que l’ouverture aux autres a changé sa vie sportive et personnelle. Dans un sport où la pression se voit surtout au moment de viser le double, cette parole-là compte aussi.
Où trouver de l’aide
Si vous êtes en France et que vous traversez des idées suicidaires, ou si vous vous inquiétez pour un proche, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24h/24. Au Royaume-Uni et en Irlande, les Samaritans sont joignables gratuitement au 116 123. En cas de danger immédiat, il faut contacter les urgences de votre pays.