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27 May 2026
il y a 11 heures

Ross Smith remporte l'International Darts Open à Riesa : analyse d'un titre libérateur

Ross Smith met fin à quatre finales perdues sur l'European Tour en s'imposant à Riesa face à Ryan Searle 8-3. Analyse d'un titre libérateur et de ses implications pour Blackpool.

International Darts Open
Ross Smith remporte l'International Darts Open à Riesa : analyse d'un titre libérateur

Quatre finales perdues sur l'European Tour, dont l'European Darts Grand Prix plus tôt cette année. Ross Smith a porté ce fardeau pendant des années avant de le déposer définitivement à Riesa. L'Anglais surnommé « Smudger » s'impose face à Ryan Searle 8-3 en finale de l'International Darts Open et décroche enfin son premier titre sur le circuit européen de la PDC. Une victoire qui soulève des questions sur la suite : peut-il maintenir ce niveau, que révèle ce tournoi sur la course au World Matchplay, et que nous dit la nouvelle finale malheureuse de Searle sur sa carrière ? Cet article passe en revue chaque enjeu de ce week-end allemand.

Un titre libérateur pour « Smudger »

Cinq victoires en cinq matchs. C'est le chemin qu'a parcouru Ross Smith pour devenir champion à Riesa. Le parcours mérite d'être examiné dans le détail, car il dit beaucoup sur la nature de ce titre.

Un tableau qui ne pardonnait pas

Smith n'a pas eu la faveur d'un tirage clément. Dès le deuxième tour, il écarte Joe Cullen 6-3 avec un average de 102.17, l'un de ses meilleurs chiffres du tournoi. En huitièmes, Ricardo Pietreczko résiste davantage mais cède 6-4. Le vrai test arrive en quarts de finale.

TourAdversaireScoreAverage de Smith
2e tourJoe Cullen6–3102.17
HuitièmesRicardo Pietreczko6–492.50
QuartsMichael van Gerwen6–588.17
Demi-finaleCameron Menzies7–097.42
FinaleRyan Searle8–390.81

Éliminer Michael van Gerwen 6-5 en quarts représente la performance centrale de ce tournoi pour Smith. « Mighty Mike » venait de battre Damon Heta 6-3 au tour précédent et figurait parmi les favoris logiques. Smith ne produit pas son meilleur average ce soir-là, 88.17, mais il tient sous pression et convertit au moment décisif. Voilà précisément ce que les grands joueurs savent faire.

La demi-finale contre Cameron Menzies tranche avec ce scénario serré. Smith déroule un 7-0 autoritaire à 97.42 de moyenne. Puis en finale, Searle ne trouve jamais d'entrée dans la partie. 8-3, sans appel.

Ce que ce titre change concrètement

Ross Smith possédait déjà un titre majeur et plusieurs victoires sur le Players Championship Tour. Il intègre désormais un groupe restreint de joueurs ayant remporté des trophées sur ces trois circuits distincts de la PDC. Ce n'est pas symbolique : cela valide une palette complète, la capacité à gagner dans des formats, des environnements et des enjeux différents.

Pour un joueur longtemps perçu comme un talent indiscutable mais sans palmarès européen, ce titre referme un chapitre douloureux. Quatre finales perdues constituent une cicatrice psychologique réelle dans le sport professionnel. Smith a choisi le bon moment pour y mettre fin.

La régularité, le vrai défi qui attend Smith

Le titre est réel. Les interrogations qui l'accompagnent le sont tout autant. Ross Smith n'a jamais été un joueur de fond de grille discret : quand il est en forme, il inflige des dégâts à n'importe qui. Le problème réside dans la fréquence de ces périodes de forme.

Un joueur de « spurts »

Son jeu progresse par éclairs. Il sort de l'anonymat avec une performance marquante, un titre, une finale, puis replonge dans une forme plus ordinaire avant de ressurgir. Ce schéma, répété sur plusieurs saisons, l'a maintenu dans une zone intermédiaire au classement mondial alors que son niveau technique justifierait un top 10 stable.

Son average en finale à Riesa, 90.81, illustre ce paradoxe. Il remporte le match confortablement, mais le chiffre ne reflète pas un joueur en état de grâce absolue. Smith gagne parce que Searle est encore moins efficace, mais aussi parce qu'il sait capitaliser sur les moments clés. La différence entre un bon joueur et un grand joueur, c'est souvent là qu'elle se joue.

La fenêtre qui s'ouvre

Un premier titre de ce type peut agir comme un déclencheur. Des joueurs comme Gary Anderson ou Rob Cross ont connu des trajectoires similaires : une longue attente avant un déclic, suivi d'une période plus prolifique. La question est de savoir si Smith appartient à cette catégorie ou si Riesa restera une belle parenthèse isolée.

Les prochains mois fourniront la réponse. Le World Matchplay à Blackpool représente l'étape immédiate. Ce tournoi majeur, joué en legs purs, convient au profil offensif de Smith. S'il confirme sa forme là-bas, le doute sur sa constance commencera sérieusement à s'effacer.

Les autres enseignements de Riesa

Riesa n'a pas seulement couronné Smith. Le tournoi a redistribué des cartes importantes dans plusieurs courses, notamment celle au World Matchplay.

Van Gerwen et Van Veen manquent le coche

Michael van Gerwen s'était présenté à Riesa avec un statut de favori crédible. Sa victoire 6-3 sur Damon Heta en huitièmes semblait lancer son tournoi. Puis le quart contre Smith a tout arrêté : défaite 5-6, prestation décevante selon les observateurs présents. Van Gerwen dépasse désormais une année complète sans titre sur l'European Tour. Pour un joueur de son rang, neuf fois champion du monde PDC, cette sécheresse commence à peser.

Gian van Veen avait lui aussi la possibilité de frapper fort. Après une victoire solide 6-3 sur Connor Scutt, il réalise peut-être son meilleur match du week-end face à Kevin Doets : 6-2 avec un average de 103.51. Mais en demi-finale, Ryan Searle lui impose sa loi 6-3. Van Veen reste donc dans ce groupe de joueurs très capables mais toujours sans titre sur l'European Tour, un groupe qui s'est réduit ce week-end avec l'entrée de Smith dans le palmarès.

Cross, Menzies et Heta renforcent leur position pour Blackpool

Le World Matchplay se dispute à Blackpool en juillet. Les 16 meilleures moyennes sur le ProTour Order of Merit déterminent les qualifiés. Riesa a bougé plusieurs curseurs.

  • Rob Cross : le champion du monde 2018 atteint les demi-finales à Riesa, un résultat d'autant plus précieux qu'il n'était pas encore qualifié pour l'événement avant le tournoi. Il occupe désormais la 15e place du ProTour Order of Merit. « Voltage » retrouve progressivement un niveau proche de son meilleur, et ses fans ont des raisons d'y croire à nouveau.

  • Cameron Menzies : première demi-finale sur l'European Tour pour l'Écossais. Le chemin n'a pas été rectiligne : il était mené 0-4 à la fois face à Josh Rock et à James Wade avant de renverser les deux situations. Ce genre de remontée indique un changement d'état d'esprit réel. Menzies est 16e au ProTour Order of Merit, dans la zone de qualification.

  • Damon Heta : l'Australien consolide également sa position avec un parcours jusqu'en huitièmes, suffisant pour accumuler des points utiles dans cette course serrée.

À l'inverse, Kim Huybrechts, Karel Sedlacek et Sebastian Bialecki perdent du terrain sur ces joueurs et voient leur qualification au World Matchplay se compliquer.

Dave Chisnall en grande difficulté

Une mention à part pour Dave Chisnall, éliminé dès le premier jour avec un average de 82 et une défaite 0-6. Pour un joueur présent au World Matchplay sans interruption depuis 2010, la situation actuelle est alarmante. Cette série de performances décevantes pourrait lui coûter sa place à Blackpool pour la première fois en quinze ans.

Ryan Searle : encore une finale, toujours sans titre européen

Ryan Searle a disputé une nouvelle finale sur l'European Tour. Il en est reparti sans trophée. Ce scénario commence à définir une partie de sa carrière professionnelle, au même titre que Smith l'était avant ce week-end.

Un finaliste récurrent

Searle avait déjà perdu une finale sur l'European Tour avant Riesa. Sa demi-finale contre Van Veen (6-3) avait été solide, contrôlée. Mais en finale, face à un Smith déterminé, il n'a pas trouvé les ressources pour renverser la tendance. Le score de 3-8 témoigne d'une soirée où il n'a jamais vraiment existé dans le match.

Ce qui distingue Searle des autres joueurs sans titre européen, c'est sa régularité globale sur le circuit. Il performe, il atteint les stades avancés des tournois, mais le dernier pas lui résiste. « Hollywood » a suffisamment de talent pour franchir ce cap : la question est de savoir quand l'occasion se représentera.

Des raisons de ne pas désespérer

Une finale perdue n'est pas qu'une déception. C'est aussi la preuve que le niveau est là. Searle a écarté Van Veen, l'un des joueurs les plus en vue du moment, avant de croiser Smith dans sa meilleure version de la journée. Dans un tel contexte, une défaite 3-8 ne remet pas fondamentalement en cause le potentiel du joueur.

Il reste dans cette liste de joueurs talentueux toujours en attente de leur premier titre européen : Chris Dobey, Gian van Veen, Danny Noppert, Dirk van Duijvenbode, Andrew Gilding. Un groupe qui se réduit lentement, mais dans lequel Searle devra trouver sa sortie tôt ou tard.

Blackpool en ligne de mire : que peut-on attendre de la suite ?

Le World Matchplay représente le prochain grand rendez-vous pour la majorité des acteurs de ce week-end à Riesa. Ross Smith arrive à Blackpool avec un statut différent de celui qu'il avait une semaine auparavant. Un titre libérateur dans les jambes, un adversaire comme Searle battu clairement en finale : le contexte mental est favorable.

La course à la qualification reste tendue pour Cross et Menzies. Leurs résultats à Riesa les maintiennent dans la zone, mais un mauvais week-end sur un Players Championship pourrait changer la donne. Le circuit PDC ne laisse pas de marge de repos.

Van Gerwen, lui, doit impérativement retrouver un niveau qui justifie son rang à Blackpool. Ses récentes performances sur l'European Tour posent des questions auxquelles seuls les grands tournois peuvent répondre. Le Winter Gardens sera, comme chaque année, un révélateur implacable.