Dom Taylor prépare son retour avec une ligne claire : tout reconstruire sans alcool et viser la Q-School 2027. L’Anglais, suspendu six mois après un contrôle positif au dernier Championnat du Monde PDC, a expliqué à l’ADC avoir coupé avec ses anciennes habitudes tout en voulant prouver que son niveau peut revenir.
Ce n’est pas une histoire légère de vestiaire. Pour Taylor, le sujet touche directement à la suite de sa carrière : sa sanction lui a coûté les 25 000 £ gagnées à Alexandra Palace, l’a fait reculer au classement et lui a fait perdre sa Tour Card. Dit autrement : s’il veut retrouver le circuit PDC, il devra repasser par la case qualification.
Un retour à reconstruire par la Q-School
Selon DartsNews, Dom Taylor vise désormais un retour par la Q-School 2027. Ce passage est important, parce qu’il ne s’agit pas seulement de revenir jouer quelques tournois. La Q-School est la porte d’entrée vers une nouvelle Tour Card PDC, donc vers les Players Championship, les qualifications European Tour et une vraie saison sur le ProTour.
Avant sa suspension, Taylor avait justement commencé à se faire une place comme joueur dangereux sur le circuit. Sa victoire 3-0 contre Oskar Lukasiak au Championnat du Monde avait prolongé cette impression, avant que le contrôle positif ne change complètement la lecture de son hiver. Là, on ne parle plus d’un simple trou d’air sportif, mais d’un vrai reset de carrière.
La décision officielle publiée par la Darts Regulation Authority précise que Taylor avait été testé positif à la cocaïne et au cannabis, avec une ingestion jugée hors compétition. La DRA a retenu une deuxième infraction aux règles antidopage, ce qui a conduit à une suspension de six mois, à la perte du prize money du Mondial et, mécaniquement, à la perte de sa Tour Card.
Ce dossier s’inscrit aussi dans une séquence disciplinaire plus large : nous avions déjà détaillé le récent bilan des sanctions DRA, qui montrait à quel point l’instance encadre désormais les écarts du circuit professionnel.
La sobriété comme nouveau cadre
Le point neuf, cette fois, vient de ce que Taylor raconte de son quotidien. Il dit avoir suivi un programme de réhabilitation et avoir arrêté l’alcool. Sa phrase est directe : « completely teetotal now, not even drinking ». En clair, plus d’alcool du tout, y compris dans l’environnement des tournois.
Pour un joueur qui explique avoir passé quinze ans à jouer avec de l’alcool dans le système, le changement n’est pas anodin. Ce n’est pas seulement une résolution personnelle posée dans une interview. C’est aussi un test sportif : peut-il retrouver la même qualité de lancer, la même agressivité au scoring, la même stabilité au moment de fermer les manches, sans l’appui d’une habitude ancienne ?
Taylor avance déjà un premier élément de réponse. DartsNews rapporte qu’il a remporté un tournoi ADC à Coventry avec 103,40 de moyenne. Il affirme aussi continuer à produire des moyennes au-dessus des 100 sur des formats courts, tout en sachant que le vrai chantier sera la régularité sur des matchs plus longs et plus exigeants.
Pourquoi l’histoire compte maintenant
Ce genre de trajectoire mérite d’être suivi avec prudence, mais elle a un vrai intérêt éditorial. Taylor ne revient pas avec un discours vague sur une « seconde chance ». Il revient avec un objectif identifiable, une date cible et un changement de cadre très concret. La Q-School ne pardonne pas grand-chose : beaucoup de joueurs capables de gros pics y disparaissent parce qu’ils n’enchaînent pas assez proprement.
Pour la rédaction, l’angle est là : Dom Taylor n’a pas seulement une sanction derrière lui, il a maintenant une saison à reconstruire devant lui. La suite dira si ce virage tient sous pression, mais le premier signal est plus solide qu’une simple promesse. Il y a un niveau encore visible, une Tour Card à reconquérir et une trajectoire personnelle qui sera scrutée dès janvier.
Reste à ne pas aller trop vite. Une moyenne à 103 sur le circuit ADC ne garantit rien à la Q-School. Mais dans un calendrier PDC où chaque carte vaut cher, un joueur capable de ce plafond, avec une histoire aussi nette à raconter, redevient forcément un nom à surveiller.