Voilà un nom qui marquera à coup sûr les esprits de ces World Darts Championship 2026 et qui hantera les supporters français pendant un petit moment : Matomu Sakai.
Qui est ce joueur qui semblait sortir de nulle part et qui a balayait les rêves de Thibault Tricole dès le premier tour et quel rôle a eu le public dans ce match ?
« J’ai toujours été un peu fou comme ça sur scène. Crazy, crazy, crazy »
— Matomu Sakai en conférence de presse
Matomu Sakai s’est résumé à lui tout seul avec ces quelques mots donnés en conférence de presse, après sa victoire 3-0 contre Thibault Tricole, devant une dizaine de journalistes morts de rire devant lui.
C’est vrai qu’en France on ne savait pas tellement à quoi s’attendre. On s’est même dit que ça serait une formalité de l’emporter face à ce Japonais. Mais le double demi-finaliste de la PDC Asian Championship et 2e joueur asiatique à l’Order of Merit de la PDC asiatique cette saison a joué toutes ses cartes et ça a payé.
L’entrée de Motomu Sakai déjà jugée légendaire
Le match n’avait pas commencé que « The Creature » avait déjà remporté un point, celui d’avoir le public derrière lui. Des pas de danse, grand sourire, jeu avec la foule d’Ally Pally et statut de challenger contre le français, il n’en fallait pas plus pour se mettre les quelques 3 300 personnes présentes pour le huitième jour de compétition.
« Il a une bonne gueule, on s’est dit qu’on allait le supporter aujourd’hui. Et en plus il a été bon, donc on a tous été derrière lui, encore plus qu’au début »
— John, supporter anglais déguisé en tenue traditionnelle japonaise
L’Anglais, avant de repartir se resservir quelques canons, confirme l’engouement immédiat du public pour ce challenger inattendu.
Une personnalité complètement folle
Ce qui a plu au public, c’est sans doute ce visage qui ne fait que sourire, décontracté d’un joueur qui ne s’est pas mis la pression de l’événement, un petit peu le contraire de notre French Touch qui a sans doute voulu bien faire, trop bien faire peut-être.
« J’adore danser, et je pense que plus je danse, plus mes fléchettes sont meilleures. Je ne vais pas m’arrêter de danser ici si ça me porte chance »
— Matomu Sakai en conférence de presse
Matomu Sakai, qui a commencé les fléchettes pour plaire aux filles, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Opposé samedi au tombeur de Ross Smith, tête de série n°12, le suédois Andreas Harrysson.
« Je veux être champion, il n’y a que ça », affirme-t-il, face à une salle de presse surprise. Interrogé sur ce qu’il ferait du million de Livres Sterling promis au vainqueur, l’homme de 28 ans reste très simple : « Ce sera pour ma famille ».
Être apprécié du public, une aide majeure aux fléchettes ?
Et si c’était le public qui avait fait gagner le Japonais, ou fait perdre le Français ? Sur place, les spectateurs de l’Alexandra Palace ne croient pas à cette théorie.
🎭 Le spectateur
« Sakai a gagné parce qu’il était juste trop fort. Je ne pense pas qu’on ait joué un grand rôle. On a fait qu’accompagner ce joueur qui a délivré une performance exceptionnelle »
— Greg, supporter anglais déguisé en mime
🎯 L’expert
« Si tu arrives à jouer avec le public, et qu’il est avec toi, ça te détend. Tu sais qu’ils ne vont pas essayer de t’attraper à chaque fois que tu fais un mauvais coup. Par contre, ils seront avec toi à chaque fois que tu joues bien. Et ça, ça joue. »
— Peter Citera, Directeur Général de la CDC
Peter Citera prend l’exemple de Leonard Gates, qu’il vient de voir gagner sur la scène d’Ally Pally contre Michael Mansell. « On vient d’en discuter avec lui en conférence de presse, s’il n’avait pas autant joué le jeu avec le public, il n’aurait peut-être pas gagné », s’interroge-t-il.
La réaction de Thibault Tricole
De son côté, Thibault Tricole a réagi à sa défaite dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux :
« Je ne suis pas prêt à subir autant de pression. Pas prêt à un public aussi hostile. Je pensais pouvoir gérer la pression de tout un pays. Ce n’est pas le cas aujourd’hui »
— Thibault Tricole sur ses réseaux sociaux


