Résumé :
Phil Taylor, surnommé « The Power », est considéré comme le plus grand joueur de fléchettes de tous les temps a annoncé sa retraite complète du sport. Avec 16 titres de champion du monde et plus de 200 victoires en tournois professionnels, sa domination sur trois décennies a transformé le sport des fléchettes, le faisant passer des pubs enfumés aux grandes arènes mondiales.
Phil Taylor se retire officiellement des fléchettes
La légende des fléchettes Phil Taylor a officiellement annoncé sa retraite complète du sport, sept ans après avoir mis fin à sa carrière professionnelle. À 64 ans, « The Power » tire définitivement sa révérence après une carrière exceptionnelle durant laquelle il a remporté 87 tournois majeurs, dont 16 titres mondiaux.
« Après une longue et fantastique carrière de plus de 40 ans, j’annonce qu’à partir d’aujourd’hui je me retire des fléchettes. C’est un privilège d’avoir fait partie d’une communauté si vivante et passionnée », a déclaré Taylor dans un communiqué.
Depuis sa dernière apparition professionnelle en janvier 2018, qui s’était soldée par une défaite en finale du championnat du monde contre Rob Cross, Taylor était resté actif sur le World Seniors Tour et participait régulièrement à des exhibitions.
« Alors qu’un chapitre se ferme, un autre s’ouvre. Cette transition ouvre de nouvelles opportunités pour explorer et m’engager dans ce sport de différentes façons », a ajouté le joueur, qui a promis de futures annonces concernant ses prochains projets.
Qui est Phil Taylor?
Philip Douglas Taylor, né le 13 août 1960 à Stoke-on-Trent, est un ancien joueur de fléchettes professionnel anglais surnommé « The Power » (et auparavant « The Crafty Potter »). Largement considéré comme le plus grand joueur de fléchettes de tous les temps, il a dominé ce sport pendant trois décennies et est devenu la référence absolue en matière d’excellence.
Palmarès impressionnant
- Titres mondiaux : 16 (2 en BDO, 14 en PDC)
- Titres majeurs : 87 (record)
- Tournois professionnels : 214 victoires
- 9-darter télévisés : 11 (record)
- Numéro 1 mondial : 13 années au total (dont 8 consécutives)
Des origines modestes à la gloire
Le parcours de Phil Taylor vers l’immortalité dans le monde des fléchettes n’a pas commencé dans une arène glamour avec des foules en délire, mais dans un pub enfumé de Stoke-on-Trent, une pinte à la main et des fléchettes usées dans l’autre. Taylor n’était pas un prodige destiné à la grandeur dès l’enfance, mais un homme de la classe ouvrière qui travaillait dans une usine de céramique et jouait aux fléchettes pour le plaisir et l’argent dans les pubs locaux.
Né dans une famille modeste, Taylor vivait dans une maison délabrée où la famille dormait au rez-de-chaussée car l’étage était condamné. Sans électricité ni eau courante dans son enfance, il récupérait de la ferraille et du charbon avec ses parents pour survivre. Après avoir quitté l’école à 16 ans, il a occupé divers emplois manuels, notamment dans la fabrication d’articles de toilette en céramique, gagnant £52 par semaine.
Son parcours a commencé dans un pub enfumé de Stoke-on-Trent. Il était un ouvrier, travaillant dans une usine de céramique, jouant aux fléchettes pour le plaisir et l’argent dans les pubs.
C’est en 1985 que sa vie changea radicalement lorsqu’il rencontra Eric Bristow, quintuple champion du monde et « faiseur de rois ». Après que Taylor ait affirmé pouvoir battre Bristow, sa femme Yvonne lui acheta un nouveau jeu de fléchettes pour son 25e anniversaire. Impressionné par le potentiel de Taylor, Bristow lui prêta £10,000 pour lancer sa carrière professionnelle, à condition qu’il abandonne son emploi dans l’industrie céramique.
Bristow n’était pas seulement un mentor, il a financé Taylor, lui prêtant £10,000 pour lancer sa carrière professionnelle. En retour, Taylor a promis de le rembourser en gagnant.
Les premiers succès
Taylor a remporté son premier titre au Canadian Open en 1988, battant le champion du monde Bob Anderson en finale. Après avoir atteint les quarts de finale du British Open et la demi-finale du Winmau World Masters en 1989, il s’est qualifié pour le Championnat du Monde pour la première fois en 1990.
Bien qu’il ait connu quelques succès dans des événements Open, il est entré dans le Championnat du Monde 1990 comme un outsider coté à 125 contre 1. Il a battu plusieurs adversaires de renom pour atteindre la finale où il a affronté son mentor, Eric Bristow. Après avoir partagé les deux premiers sets, Taylor a écrasé Bristow 6-1 pour remporter son premier titre mondial, signalant l’émergence d’une nouvelle force dans le monde des fléchettes.
Première victoire mondiale (1990)
- Statut : Taylor était un outsider non classé coté à 125-1
- Parcours : Victoire contre Russell Stewart, Dennis Hickling, Ronnie Sharp et Cliff Lazarenko
- Finale : Victoire 6-1 contre son mentor Eric Bristow
- Impact : Le monde des fléchettes venait d’être mis en garde
La scission des fléchettes et l’ère PDC
En 1993, Taylor fait partie des 16 meilleurs joueurs qui se séparent de la British Darts Organisation (BDO) pour former le World Darts Council (WDC), plus tard renommé Professional Darts Corporation (PDC). Ce n’était pas simplement une décision commerciale, mais une véritable révolution et un pari sur l’avenir du sport.
La PDC est devenue le « terrain de jeu » de Taylor. À mesure que l’organisation grandissait, sa légende aussi. Sa dominance en PDC était telle qu’il n’était pas question s’il allait gagner, mais à quel point il allait battre son adversaire. Il a effacé la notion même de compétition; il n’était pas une partie de l’ère, il était l’ère.
Une domination sans précédent
La période de 1995 à 2007 est considérée comme l’âge d’or de Taylor. Il a remporté huit championnats du monde PDC consécutifs de 1995 à 2002, atteint 14 finales consécutives de 1994 à 2007, et atteint un total de 21 finales mondiales, tous des records.
Ses performances comprenaient des victoires écrasantes comme en 1998 (battre Priestley 6-0 avec une moyenne incroyable de 103,98), en 2001 (battre John Part 7-0), en 2002 (battre Peter Manley 7-0, décrit comme une « exécution télévisée »). Sa victoire au Championnat du Monde 2009 contre Raymond van Barneveld a vu Taylor établir un record de moyenne en finale avec 110,94.
| Tournoi | Nombre de titres | Années |
|---|---|---|
| Championnat du Monde PDC | 14 | 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2004, 2005, 2006, 2009, 2010, 2013 |
| World Matchplay | 16 | 1995, 1997, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2006, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2017 |
| World Grand Prix | 11 | 1998, 1999, 2000, 2002, 2003, 2005, 2006, 2008, 2009, 2011, 2013 |
| Grand Slam of Darts | 6 | 2007, 2008, 2009, 2011, 2013, 2014 |
| Premier League | 6 | 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2012 |
Technique et style de jeu
La technique de Taylor était emblématique de sa domination. Sa stratégie était « terrifiante de simplicité » : frapper trois fois le triple 20, se laisser sur une finition, l’enlever avec une précision mécanique, et répéter. Cette approche méthodique et sa constance inégalée lui ont permis de dominer le sport.
Analyse technique du lancer
- Position : Incroyablement solide, pied droit horizontal par rapport à la ligne de lancer, talon aligné avec le centre de la cible
- Prise : Trois doigts (pouce et index tenant la fléchette, majeur juste avant la pointe pour la stabilité)
- Visée : Alignait la fléchette avec l’œil gauche pendant la phase de visée (joueur avec dominance croisée de l’œil)
- Bras et Coude : Coude « solide » et « joli et haut » pendant la phase de lancer, montant parfaitement pendant le lâcher
- Phases de Lancer : Bien délimitées – mise en place à 90°, repli à environ 73°, puis le lâcher avec le bras parfaitement étendu
- Vitesse : Temps moyen pour compléter son tour de 9 secondes, avec un temps de préparation rapide
Son bras est parfaitement étendu au moment du lâcher. Seul l’avant-bras bouge. Taylor possède une perfection de la trajectoire rarement égalée.
Records et performances mémorables
Les records de Taylor sont si élevés que même les plus grands talents ont du mal à les atteindre. Il a établi des performances qui défient l’entendement, atteignant des moyennes incroyables dans des matchs entiers.
Performances statistiques remarquables
- Record de la plus haute moyenne télévisée dans un match : 118.66 (UK Open 2010 vs Kevin Painter)
- Moyenne sur un match entier : 106.31 (World Matchplay 2010 vs Raymond van Barneveld)
- Plus haute moyenne en Premier League : 117.35 (2012 vs Simon Whitlock)
- 8ème plus haute moyenne télévisée de tous les temps : 115.80 (Premier League 2015 vs Raymond van Barneveld) – la plus haute moyenne pour perdre un match
- Premier joueur à réaliser deux 9-darters dans le même match : Finale de la Premier League 2010 contre James Wade
Au-delà des statistiques, c’est l’impact psychologique de Taylor sur ses adversaires qui était peut-être le plus impressionnant. Il possédait une « aura » qui intimidait ses adversaires avant même le premier lancer. Les signes de cet impact étaient visibles dans le langage corporel des adversaires, l’hésitation, et la lente prise de conscience que le match ne se terminerait pas bien pour eux.
Les grandes rivalités
Taylor a souvent eu des « victimes » plutôt que des rivalités traditionnelles, brisant ses adversaires avant même qu’ils ne montent sur scène. Cependant, plusieurs joueurs de talent ont défié son règne au fil des années.
| Rival | Confrontations notables | Bilan |
|---|---|---|
| Dennis Priestley | Cinq finales de Championnat du Monde (1990, 1994, 1996, 1997, 1998, 2000) | Taylor a gagné 37 de leurs 44+ rencontres |
| Raymond van Barneveld | Finale du Mondial 2007 (« Match du Siècle »), Finale du Mondial 2009 | Taylor a gagné 61 sur 83 confrontations, 18 pour Barney, 4 nuls |
| Adrian Lewis | Ancien protégé et compatriote de Stoke-on-Trent | Taylor a gagné 55 sur 74+ rencontres |
| Michael van Gerwen | Nouvelle génération, devenu n°1 mondial en 2014 | Taylor a gagné 34 de leurs 62 rencontres (26 pour MvG, 2 nuls) |
| Rob Cross | Seul joueur avec un bilan positif (1-0), victoire en finale mondiale 2018 | 1-0 pour Cross |
La rivalité avec Michael van Gerwen
La rivalité avec Michael van Gerwen est considérée comme particulièrement significative, le Néerlandais étant vu comme le joueur qui pourrait prendre la relève de la domination de Taylor. Leur rivalité a véritablement commencé lors du Grand Slam 2012, où MvG a gagné avec des moyennes très élevées, marquant « le début d’une nouvelle ère ». MvG est devenu n°1 mondial en 2014, dépassant Taylor. Malgré une période où Taylor a gagné 15 matchs consécutifs contre MvG, ce dernier a remporté des victoires importantes et a dépassé Taylor en termes de moyenne télévisée.
Van Gerwen n’était pas seulement un jeune talent, mais un phénomène, le premier joueur depuis Taylor lui-même qui semblait génétiquement conçu pour jouer aux fléchettes parfaites.
Déclin et retraite
Des signes de déclin sont apparus au début des années 2010, avec des joueurs plus jeunes atteignant des moyennes plus élevées. La dominance et le facteur peur ont commencé à s’estomper, bien que Taylor continuait à gagner des titres.
Sa retraite a été officiellement annoncée pour après le Championnat du Monde PDC 2018. Son dernier match professionnel fut la finale du Mondial 2018, perdue face à Rob Cross. Il a quitté la scène « en silence », sans discours dramatiques. Après le match, Taylor a déclaré qu’il n’avait plus l’énergie ou l’intérêt pour battre Michael van Gerwen ou Rob Cross.
« It was like an old man against a young man, it was a mis-match. That’s it for me because I haven’t got the energy or interest to beat Michael van Gerwen or him (Cross). »
— Phil Taylor après sa dernière finale mondiale
Depuis sa retraite, Taylor a participé aux Championnats du Monde Seniors de 2022 à 2024, sans grand succès. Il a perdu en quarts de finale en 2022 contre Kevin Painter et en 2023 contre Richie Howson, puis au premier tour en 2024 contre Manfred Bilderl. Il ne joue plus aux fléchettes de manière compétitive.
L’héritage de « The Power »
Taylor a redéfini ce qu’est la grandeur dans les fléchettes. Il a fait passer ce sport des salles enfumées de pub aux grandes arènes et aux prix en millions de livres. Il a obligé chaque professionnel d’aujourd’hui à élever son niveau de jeu.
Ses records sont si élevés que même les plus grands talents ont du mal à les atteindre. Son empire plane toujours au-dessus du sport, et chaque joueur joue dans son ombre. Briser son record de 16 titres mondiaux ne nécessite pas seulement d’être un grand talent, mais d’être « inévitable au niveau de Taylor » et de « écraser des générations de joueurs » comme il l’a fait.
Bien qu’il soit à la retraite et ne joue plus de manière compétitive, sa présence est toujours là à travers l’influence qu’il a eue sur le sport.
De manière intéressante, Taylor lui-même a affirmé que Luke Littler pourrait éclipser son record de 16 titres mondiaux, soulignant que Littler a une avance de 12 ans par rapport à quand Taylor a gagné son premier titre. Cette déclaration a suscité de nombreuses discussions dans le milieu des fléchettes.
🎯 Phil Taylor – L’homme qui a révolutionné les fléchettes 🏆
Avec 16 titres mondiaux, 87 titres majeurs et 214 tournois professionnels remportés, Phil « The Power » Taylor restera à jamais gravé dans la légende du sport comme l’étalon auquel tous les autres joueurs sont comparés.
L’histoire nous dira si ses records extraordinaires seront un jour battus, mais ce qui est certain, c’est que le jeu de fléchettes a été transformé à jamais par son passage.

